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Santé et dépendance : employeurs et salariés misent sur la complémentaire d’entreprise

Sur les 93% des salariés du secteur privé déclarant avoir une complémentaire santé, plus de la moitié (58%) sont couverts par un contrat collectif. De leur côté, 84% des employeurs interrogés déclarent proposer une complémentaire santé (plus de 9 employeurs sur 10 dans les entreprises de 50 salariés et plus).
Les salariés et les employeurs réaffirment leur attachement à la complémentaire d’entreprise : 85% des 1.000 salariés interrogés par le Credoc voudraient que l'assurance complémentaire santé soit obligatoire dans les entreprises. 86 % considèrent la création de la branche dépendance comme une bonne chose et 68 % jugent les franchises médicales inefficaces et seraient plutôt favorables un désengagement ciblé de la Sécurité sociale, sur l'optique et le dentaire notamment.
Tandis que le président de la république lance une réflexion sur notre système de protection sociale et envisage une énième réforme de l'assurance maladie, les résultats de l'enquête annuelle CTIP / CREDOC (*) sont, une nouvelle fois, très instructifs :
- 85% des 1.000 salariés interrogés plébiscitent la mise en place d'assurance complémentaire santé obligatoire dans l'entreprise (56% y sont tout à fait favorables et 29% plutôt favorables), rappelant le rôle très attendu de l'entreprise en la matière.
- Dépendance : 86% des salariés interrogés sont favorables à la création d'une nouvelle branche de Sécurité sociale pour couvrir le risque de dépendance. 69% se disent même prêts à souscrire une garantie spécifique moyennant 10 euros par mois. De leur côté, près de 50% des 300 employeurs du secteur privé interrogés se déclarent prêts à intégrer une garantie dépendance dans la prévoyance de l'entreprise.
De plus en plus de grandes entreprises sautent le pas et proposent une garantie dépendance à leurs salariés. Les branches professionnelles n'y sont pas non plus insensibles : après les salariés des cabinets d’avocat, celles des coiffeurs et des poissonniers viennent d'intégrer cette garantie dans leurs accords de branche. Même si le marché de l'assurance dépendance (privé) est aujourd’hui essentiellement basé sur l'assurance individuelle, il reste un marché jeune (à peine 25 ans) et propose des garanties relativement limitées et plutôt chères. L'assurance collective au sein de l'entreprise permettrait de toute façon d’assurer une meilleure mutualisation d’un risque que la quasi-totalité des assureurs ont des difficultés à bien « peser ». A côté de création d’une nouvelle branche de risque, il est sans doute judicieux d’encourager des solutions privées pour éviter de faire reposer le risque dépendance sur la collectivité. Eviter, comme pour l’assurance-maladie d’avoir à réformer sans cesse le système en anticipant et en admettant et en organisant d’entrée la complémentarité entre solidarité et assurance.
Le remboursement au premier euro sur certains postes est « passé dans les moeurs ».
Les salariés jugent leur complémentaire santé incontournable indispensable pour le remboursement des dépenses d'optique (51%) et du dentaire (65%). Il s’agit de deux postes où la Sécurité sociale n'intervient effectivement qu'à la marge. Les salariés se disent même prêts (à 67 %) à "confier totalement aux complémentaires la prise en charge de certains soins très peu remboursés par la Sécurité sociale" : 46% des salariés interrogés en effet jugent cette idée intéressante et 21% tout à fait intéressante. Il faut bien évidemment prendre cette réponse pour ce qu’elle est : l’expression d’une opinion, et ne pas oublier que la question n’a pas soulevé le problème de savoir qui allait assumer le transfert des coûts vers l’assurance complémentaire. Même si la « sécu » intervient peu sur ces deux postes, elle le fait un peu malgré tout et ce « peu » a un coût ! Denis Morin, directeur du CTIP, le souligne dans la conférence de presse de présentation des résultats du sondage : « … Actuellement, le régime obligatoire rembourse près de 160 milliards d'euros de dépenses quand les complémentaires en sont à peine à 20 milliards d'euros … Le transfert total vers les régimes complémentaires des dépenses d'optique et de dentaire entraînerait une hausse de 10% du coût de l'assurance santé … ».
Des franchises jugées inefficaces par une grande majorité des salariés
Instituées au 1er janvier 2008, les franchises médicales semblent faire l'unanimité contre elles. 68% des salariés interrogés les jugent inefficaces pour freiner la consommation des soins", 67% d'entre eux pensent qu'elles devraient être limitées à un montant annuel fixé en fonction des revenus des assurés (bouclier sanitaire)" et 66% d'entre eux souhaiteraient qu'elles soient remboursables par les organismes complémentaires, ce qui n'est actuellement pas le cas.(Denis Morin rappelle au passage que « … la prise en charge des franchises entraînerait une hausse de 4% des primes"). L’ensemble des résultats et des commentaires est à télécharger sur le site du CTIP.

(*) "L’opinion des salariés et des employeurs sur la complémentaire santé et son évolution dans le cadre des réformes de l’assurance maladie"- sondage réalisé au cours du mois de décembre 2007, par le CREDOC pour le CTIP, auprès de 300 employeurs et de 1000 salariés du privé- . Les résultats ont été présentés le 22 février en conférence de presse.

source : Apicil