La Mutualité française publie son Mémento médicament 2010
Dans le Mémento médicament publié récemment, la Mutualité française souligne une faible utilisation en France de la "Dénomination commune internationale" dans les prescriptions médicales. Une situation qui freine la commercialisation des médicaments génériques qui sont pourtant jugés efficaces et plus économiques par l'administration française.
Le faible taux de prescription en Dénomination commune internationale (DCI)
L'édition 2010 du Mémento médicament vient d'être publiée par la Mutualité française. Cette dernière qui fédère la plupart des organismes de mutuelles en France édite annuellement ce document afin de renseigner les professionnelles de la santé sur les chiffres concernant le marché du médicament et son financement. Cette année, le Mémento médicament dresse un état des lieux en France de l'utilisation de la Dénomination commune internationale (DCI) par les médecins lorsqu'ils prescrivent les médicaments. Ainsi, selon le fascicule du Mémento, la France enregistre un faible taux d’utilisation de la DCI par les acteurs de la santé. Et cela, malgré la loi de financement de la Sécurité Sociale de 2009 obligeant la prescription en DCI des remèdes qui existeraient également dans des familles génériques.
L'utilisation des médicaments génériques réduit les dépenses de Santé publique
L'utilisation de la DCI n'est donc pas près de devenir systématique au regard des résultats de 2009, car le taux de prescription en dénomination commune est à peine supérieur à 10 %. De plus, le non-respect de l'obligation de prescrire en DCI ne fait l'objet d'aucune incitation ou sanction. Pourtant, l'achat des médicaments génériques permettrait à l'État de réaliser des économies tout en améliorant la santé publique. Notons que le médicament constitue le 3e poste de dépense de santé en France après les soins prodigués par les hôpitaux et les traitements ambulatoires. En 2008, les dépenses de médicaments ont été financées à 65 % par la Sécurité Sociale, à 17,5 % par les ménages, par les mutuelles à 10,5 % et par les sociétés d’assurance à 4 %. D’après le "Mémento médicament 2010", les prescriptions de médicaments génériques ont permis d'éviter la dépense de près de 1,4 milliard d'euros en 2009.
Encore trop de remboursements concernant les médicaments à "service médical insuffisant"
Le fascicule publié par la Mutualité française expose également les résultats d'une analyse concernant les dépenses relatives aux remboursements des médicaments jugés "à service médical insuffisant" par la haute autorité de santé (HAS). Des remèdes qui ne devraient pourtant pas figurer parmi les produits remboursés, selon l'article R. 163-3 du code de la Sécurité Sociale. D’après le "Mémento 2010", le montant de leurs remboursements atteindrait encore 384 millions d'euros à l'issue de l'année dernière. Ce qui, pour la fédération des mutuelles, constitue un potentiel d'économie en matière de dépenses de santé. Enfin, un autre constat exposé par le document de la Mutualité française est la stagnation du marché de l'automédication, malgré l'apparition des nouvelles spécialités accessibles sans ordonnance dans les pharmacies.
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