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Consultation à 23 euros : le scepticisme du Comité interassociatif sur la santé


Le Président de la République Nicolas Sarkozy a accordé une revalorisation du tarif des consultations des médecins généralistes. Le comité interassociatif sur la santé (CISS) redoute les conséquences du nouveau tarif des visites médicales fixé à 23 euros.

Les conséquences financières de la consultation à 23 euros

Les syndicats de médecins libéraux avaient invité les généralistes à se mobiliser pour obtenir une augmentation du tarif de leur consultation médicale, une hausse qui leur avait été promise en mars 2007 par l'Assurance maladie. Après plusieurs journées de "cabinets fermés", l'État a fini par céder : au 1er janvier 2011, la visite chez un médecin généraliste coûtera désormais 23 euros au lieu de 22 euros. Le CISS ne désapprouve pas le bien-fondé de cette décision présidentielle, mais doute de son efficacité à résorber les problèmes de la médecine de ville.

Le CISS met en garde en premier lieu, sur les conséquences financières que représente la consultation à 23 euros. En effet, ce changement devrait coûter 250 millions à l'Assurance maladie et absorber une part volumineuse des recettes difficilement dégagées dans le cadre d'une politique anti-déficitaire voulue par le Gouvernement. Le CISS rappelle que la hausse du forfait hospitalier et les déremboursements de médicaments permettront d'amasser seulement 305 millions d'euros.

Des moyens insuffisants pour régler le problème de la désertification médicale

La consultation à 23 euros a pour but principal de résorber le problème de la désertification médicale dans les régions rurales. Mais le Comité Interassociatif sur la Santé doute légitimement de l'efficacité de la décision présidentielle en raison de l'inadéquation entre les moyens empruntés et l'objectif à atteindre. La majoration des visites médicales d'un euro ne pourra pas à elle seule inciter les médecins généralistes à exercer leur profession dans les campagnes désertées, a précisé le Comité.

Le CISS soumet alors plusieurs pistes afin d'améliorer le système français de remboursement médical et de garantir l'égal accès aux soins, quelle que soit la position géographique de l'assuré social. Il propose de distribuer plus équitablement les mesures mises en oeuvre pour endiguer le déficit de la Sécurité sociale entre les patients et les praticiens, d'offrir un meilleur choix de modalités de remboursement (forfaitaire, à l'acte) et de définir de nouvelles règles susceptibles de répartir de façon plus équilibrée, l'offre de soins sur l'ensemble du territoire.

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